La folle journée, ou l’audition anticipée
30 03 2008… Et non Le mariage de Figaro. J’ai en fait passé mes tests de théorie musicale, dictée, solfège et entretien de musicologie ainsi que mon audition de chant hier. Comme quoi il ne faut jamais croire que l’organisation des universités soit toujours immuable. J’ai la nette impression que la Faculté de Musique de l’Université de Montréal est un petit peu moins bureaucratique que celle de McGill, mais bon, je peux me tromper, c’est juste un point de vue extérieur. On verra combien de temps je mettrai à obtenir mes résultats.
8h30 : j’arrive comme prévu au pavillon Vincent d’Indy et je regarde la liste des candidats pour la théorie musicale et l’épreuve de dictée. Je ne vois pas mon nom, mais je sais que je ne fais pas partie de ceux qui sont exemptés de la théorie car je n’ai pas de diplôme de cégep dans le domaine, et de toute façon tout le monde doit passer la dictée. Je me renseigne, et je m’aperçois que j’avais mal saisi l’information sur ma feuille : je suis censée tout passer le dimanche et non le samedi (je pensais que l’audition était dimanche et les tests le samedi). Cependant, me dit-on, il n’y a pas énormément de monde - il y en aura plus demain - et donc si je souhaite passer aujourd’hui, pourquoi pas ? Pour l’audition, cela dépendra du jury et des pianistes. Je suis les autres à la cafétéria et une demi-douzaine d’étudiants de l’Université de Montréal sont rassemblés pour nous expliquer le déroulement de la journée et pour nous accompagner de manière à nous éviter le stress de chercher les salles dans un bâtiment qui demeure largement inconnu à la plupart d’entre nous. Nous avons aussi droit à un déjeuner - muffins et jus de fruit. Je retrouve un camarade et nous échangeons rapidement des informations en théorie musicale.
9h : C’est l’épreuve de dictée musicale. La majorité d’entre nous - moi incluse - n’en mène pas large. Elle se déroule en trois parties. La première partie est une dictée mélodique à une seule voix. Le pianiste est habitué et joue clairement. Aucun problème, je vérifie simplement que je n’oublie pas de noter les altérations accidentelles. Je n’en avais pas fait depuis 11 ans mais je n’ai pas perdu la main. La deuxième partie est une dictée mélodique à deux voix. Un peu plus difficile mais cela reste accessible. Ce n’est pas la première fois que je retranscris des parties de piano. Cela se gâte avec la troisième partie, la dictée harmonique : je n’en ai jamais fait. Une série d’accords complexes dans la continuité de la mélodie précédente : il faut noter si possible les voix extrêmes, les fonctions harmoniques, bref le plus de choses possibles au vol. Le passage est particulièrement long, relativement rapide et n’est joué que quatre fois avec peu de temps entre chacune. Bref, je suis dépassée et je commence à m’inquiéter. À la sortie, des échanges de couloir m’apprennent que je ne suis pas la seule à avoir été dépassée par la dictée harmonique. Mais les étudiants d’encadrement nous rassurent : cette épreuve n’est qu’une simple épreuve de classement, c’est la dictée mélodique qui compte. Ceux dont le niveau n’est pas clairement établi par l’épreuve de dictée devront passer en plus une épreuve de solfège (je suppose qu’ils entendent par là une épreuve de lecture de notes).
10h : nous avons une heure pour l’épreuve de théorie musicale. Heureusement, grâce aux brochures détaillées de la Faculté de Musique je sais exactement en quoi elle consiste. Certaines épreuves sont plus faciles que d’autres pour moi mais dans l’ensemble je ne rencontre pas d’obstacle majeur.
10h45 : E., une des étudiantes d’accompagnement, m’attend pour me dire qu’il y avait un pianiste disponible pour moi, qu’il fallait que je vienne le rencontrer pour pratiquer un peu. Je la suis. J’attends un peu que le pianiste ait fini de pratiquer avec un ténor puis nous regardons ensemble. Je lui explique l’ordre dans lequel je souhaite interpréter les œuvres puis nous pratiquons pour le tempo. C’est un excellent accompagnateur. Je n’ai par contre pas pu m’échauffer auparavant et ma voix me semble faible et instable, en particulier dans mon haut registre.
11h15 : on m’informe que je pourrai passer l’audition vers 15h. Je suis affolée parce que j’ai également une épreuve de rédaction et un entretien pour la musicologie et que je ne sais pas si je dois passer l’épreuve de solfège, et quand. Une autre étudiante de l’UdM, A., s’occupe de mon cas et m’aide à planifier ma journée. Elle insiste pour que surtout, dans mon affolement, je ne saute pas le dîner comme je l’ai fait pour le déjeuner. Elle a évidemment raison : nous autres chanteurs sommes notre propre instrument, et passer une audition l’estomac vide mène droit à la catastrophe. Mais je m’affole, la rédaction pour la musicologie est censée avoir commencé. Nous y allons mais en fait il y a du retard. Quelques mots avec le responsable du département de musicologie me persuadent de faire la rédaction pour garder toutes mes options ouvertes. Les questions sont générales : on doit donner sa propre définition de la musicologie selon ce qu’on en sait, expliquer sa propre motivation en indiquant ce qu’on souhaiterait en tirer, et décrire sa propre expérience musicale en tant qu’interprète et/ou auditeur.
12h : je retrouve A. à la sortie. Elle me donne mon planning avec mon heure d’entretien et d’entrevue et me demande de la retrouver dans le hall de la salle de concert où se trouve le buffet du dîner à 12h30. J’ai une demi-heure pour trouver un distributeur de billets car les services des pianistes ne sont pas gratuits.
12h30 : heureusement je connais la salle de concert et je sais où aller. Je retrouve A. et d’autres étudiantes de la Faculté de Musique ainsi que d’autres candidats. Je dispose de plus d’une heure pour prendre mon repas mais je continue à être sous l’emprise du stress.
13h : c’est l’heure où est affichée la liste des candidats devant passer l’épreuve de solfège. Quelqu’un me rapporte que mon nom n’est pas dessus. Je m’inquiète : est-ce bon ou mauvais signe ? Les résultats de la dictée seront donnés à partir de 13h30. J’hésite à y aller. On me conseille d’éviter d’y aller avant d’avoir passé l’audition si je suis déjà stressée pour ne pas me rajouter un poids supplémentaire. Mais j’explique qu’en fait, je suis plutôt confiante vis à vis de la dictée car toute la partie mélodique m’a semblé relativement aisée. A. m’encourage alors à aller voir si tel est le cas : la nouvelle d’une réussite dans ce domaine peut au contraire me galvaniser. En attendant, j’utilise une petite salle d’exercice du haut pour pratique mes vocalises.
13h30 : je fais la queue pour connaître mes résultats (ils sont tous délivrés individuellement). Par chance, je n’ai pas à attendre beaucoup. Je suis informée que certes, mes résultats dans la partie harmonique étaient plutôt faibles, mais j’ai un A+ dans le reste. Je n’ai pas donc pas besoin d’un cours de remise à niveau (MUSO 100), je pourrai commencer directement en cours de première année. Évidemment, sous réserve que mon audition se passe bien, pour le programme d’interprétation-chant c’est le critère de sélection. Je suis enthousiasmée par la bonne nouvelle, je pratique encore un peu mes vocalises avant de redescendre pour me rendre à mon entretien avec le professeur de musicologie.
13h50 : le professeur que j’ai croisé lors de l’épreuve de rédaction me reçoit très aimablement. Il n’ignore pas que la musicologie n’est que mon troisième choix, mais me donne quelques explications et quelques conseils de parcours pour que ma formation choisie ait un maximum d’ouvertures et de richesse.
14h : il n’y a plus de salle disponible au 4ème étage, je remonte alors au 8ème. Je croise mon camarade qui sort de son audition, félicité par son accompagnateur. Il s’informe de ses propres résultats de dictée puis nous discutons un petit moment dans une salle de travail. Puis il me laisse travailler et je reprends mes vocalises et répète une dernière fois mon répertoire avant l’audition.
14h55 : je redescends pour rejoindre le pianiste. Il me demande si j’ai parlé à Mme L., la directrice du programme, pour m’insérer dans l’emploi du temps. Je lui explique que je ne l’ai pas vue, mais ce n’est pas grave. Tandis que nous attendons cinq minutes qu’elle sorte de la salle, j’ai l’impression d’avoir quelque chose coincé au fond de la gorge et commence à tousser. C’est évidemment psychosomatique. Mais le contact avec Mme L. que je connais déjà pour lui avoir parlé lors de la journée portes ouvertes de l’université et qui m’a permis d’assister gratuitement à une représentation d’opéra de l’UdM me rassure. Elle est comme d’habitude aimable et souriante. Le pianiste aussi me rassure. J’explique au jury ce que je vais interpréter puis le premier instant, celui du démarrage, est le plus dur. Heureusement que je commence par ce qui est pour moi le plus aisé. Passé cet instant, ça se passe bien. Ma voix sort clairement dans mon registre élevé. Le dernier morceau, celui de Campra avec la coloratura qui m’inquiétait sort sans problème. Je me focalise durant mon chant sur Mme L. qui arbore l’expression la plus aimable. À la fin, ils me font signe de m’asseoir sur une chaise devant eux et me posent des questions sur mon parcours. Une des questions posées est le nombre d’années que j’ai passé à apprendre le chant. Je réponds que cela ne fait que six mois. Ils semblent surpris, favorablement ou défavorablement, je ne sais. Je leur explique pour répondre à une question que j’ai commencé le violon à 4 ans et ai continué depuis. Ils s’étonnent que ce soit pourtant le chant que j’ai choisi. Je leur explique que j’ai toujours aimé chanter et que c’est pour moi la réalisation d’un vieux rêve. J’espère que je leur aurai fait une bonne impression, mais cela, je ne le saurai au minimum que dans une dizaine de jours.
Le pianiste m’a donné ses impressions : il a été impressionné par ma maîtrise de Campra, morceau qu’il trouvait particulièrement joli et me convenant très bien. Selon lui, j’étais nerveuse au départ mais ma voix s’est bien ouverte, il a bien aimé la fin de l’aria de Barbarina entre autres. Je l’ai chaleureusement remercié (et payé). J’ai croisé E. et A. à la sortie et je les ai remerciées également : elles ont tout fait pour m’aider à arranger mes affaires et pour que cette journée se déroule sans heurt pour moi, au nom de la solidarité étudiante (elles aussi ont été à ma place il y a quelques années). E. est étudiante en chant lyrique et A. en maîtrise de direction d’orchestre. J’espère les recroiser l’année prochaine. J’espère que toute cette folle journée sera couronnée de succès.
BO de l’instant : L. van Beethoven - 9ème symphonie en ré majeur op. 125 - finale.
> Une des questions posées est le nombre d’années que j’ai passé à apprendre
> le chant. Je réponds que cela ne fait que six mois. Ils semblent surpris,
> favorablement ou défavorablement, je ne sais.
A mon humble avis, s’ils pensaient en terme d’années d’apprentissagedu chant et que tu leur as parlé de quelques mois seulement, c’est en bien que tu les as surpris.
Je ne suis franchement pas inquiet du tout pour ton résultat final…
TESORO……hai visto che avevo ragione…hai un voce bellissima ricca di carattere e molto intonata,anche io sono sicuro che riceverai una risposta molto positiva per questa audizione esame,vedrai che farai una bellissima cariera e diventerai una famosa soprano,dolce amore mio vedrai che tutto andra’ piu’ che bene…..sono sicurisssimo……….
Il mio sogno e come tu sai cantare con te nelle ‘Nozze di Figaro di mozart’magari io nel ruolo di Figaro e tu nel ruolo di Susanna,penso che cantare con te in questa opera con questi ruoli sarebbe speciale,magico…………………non vedo l’ora………..ti auguro un dolce futuro amore mio costellato di successi in tutte le cose…………sei speciale…………..sei nel mio cuore…………..
Saremo un giovane Figaro e una giovanissima Susanna, ma credo che sarà possibile. È anche il mio sogno di cantare con te con questi ruoli. Potremo già cantare la prima scena insieme quando verrai il 11 aprile, e anche altri duetti colla partitura. Vedrai, un giorno canteremo insieme nei teatri. Non saremo la prima coppia di cantanti che si sposano.
Ca a l’air de s’etre plutot bien passe non ?
!
Moi aussi je suis confiant
Oui, je pense que ça devrait aller.
Certissimo tesoro l’11 aprile quando verro’ da te faremo tutto questo non vedo l’ora di essere con te amore,hai proprio ragione molti altri cantanti come noi si sono sposati……………..