J. et M. sont deux jeunes gens rencontrés aujourd’hui au marché Jean-Talon. Le premier est new-yorkais, l’autre français. Ils étaient en vacances à Montréal et repartent demain. Nous avons un peu discuté car nous étions voisins de table, en français puis en anglais. M. travaille pour une compagnie d’assurance à Paris et passe ses vacances souvent aux Etats-Unis. Il y a plusieurs endroits dans lesquels demeure une partie de son cœur, mais Paris et New-York sont ses villes favorites, Paris surtout, car au fur et à mesure qu’il voyage, il apprécie de plus en plus la vie dans notre pays. Contrairement à de nombreux Français, il n’est pas très attiré par l’ouest du continent (notamment Vancouver et la Colombie-Britannique) car il aime davantage la face historique, proche des Européens de la Côte Est. Partir dans un pays «neuf» comme l’Australie par exemple ne lui dirait rien. Quant à J., il a séjourné en France à plusieurs reprises et a aimé son expérience, notamment Bordeaux qu’il considère magnifique (comme on le comprend
!)
Nous avons discuté de nos expériences de voyage et une compréhension, voire sympathie immédiate s’est établie, celle des «intercontinentaux» – pardonnez le barbarisme – les gens qui vivent avec un pied de chaque côté de l’Atlantique et subissent les influences des deux côtés. Nous n’avions pas exactement la même perspective – je suis plus jeune, étudiante et atteinte du virus du voyage, lorsque je reviens trop longtemps dans mon pays natal j’aspire à changer d’horizon même si je suis consciente des difficultés que cela implique à chaque expatriation – mais le plaisir d’échanger nos points de vue était au rendez-vous, et nous nous retrouvions sur bien des points. Ils aiment faire des rencontres et discuter avec des gens différents et sont repartis manifestement contents de l’échange. Demain, ils repartiront, l’un à Paris et l’autre à N.Y.C. et manqueront la parade de la Saint-Patrick à Montréal. Moi, je serai encore ici à me demander si je dois aller en cours malgré la grève. Mais j’aime être ici malgré le froid et souvent, malgré tout, la solitude.
BO de l’instant : Marco Masini – T’innamorerai.